Apr 29

Dans le frigo et l'assiette de la crème de Paris #7 - Les labels alimentaires

5 min de temps de lecture

Hello toi,

Moi, c’est Alice de La Crème de Paris, et comme tous les membres de la Watson Family, je crois en une cuisine pleine de goût et de sens. Et parce que bien manger c’est aussi comprendre ce qu’il y a dans son assiette, je vais te donner chaque semaine de nombreux conseils et suggestions pour mieux te nourrir et mieux choisir tes ingrédients.

Oui, une bonne recette, c’est avant tout de bons produits… et cette semaine on parle des labels.

Après avoir compris comment une marque obtenait un label et quelle était la démarche derrière ces certifications, tu as du te rendre compte que le monde des labels est vaste. Tous les labels ne se valent pas et certains cahiers des charges sont bien plus stricts que d’autres. En plus, il existe des labels pour tous les aspects d’une production. : Certains mettent en valeur un engagement moral envers les travailleurs impliqués dans la récolte, d’autres garantissent uniquement la provenance des ingrédients et de la production.

Les bonnes questions à se poser devant un label.

Un label reste un indicateur et il ne nous garantit pas une consommation irréprochable. On peut s’en servir comme guide afin de faire ses achats encore un peu plus conscient et faire des choix en connaissance de cause sur la réalité sociale, sociétale et environnementale derrière nos produits.

Face à un label il y a donc trois types d’interrogations à avoir :

1- Est-ce que je suis certaine de la fiabilité et de la véracité de ce label ?

Il y a alors quatre options :

Les labels officiels.
Ils ont été attribués par un organisme certificateur qui est indépendant et impartial.
À l’heure actuelle, seuls six labels sont reconnus par la réglementation européenne et/ou française : l’Appellation d’origine protégée (AOP), l’Indication géographique protégée (IGP), la Spécialité traditionnelle garantie (STG), l’Agriculture biologique (AB), l’Appellation d’Origine Contrôlée (AOC) et le Label Rouge.
Tous les labels officiels doivent être accompagnés de la référence de l’organisme ayant certifié le produit sous la forme de son numéro de code et/ou de son nom.
Sous le format par exemple FR-BIO-12, FR pour France, Bio indiquant qu’il s’agit du label AB et 12 étant le code de l’organisme certificateur, ici Certisud.
Les principaux organismes sont Ecocert France, Agrocert, Certipaq, Qualité France (Bureau Veritas), SGS-ICS, Certisud, Certis, Alpes Contrôles, Qualisud, Control Union, Ocacia, Afnor, Eurofins.
Niveau de confiance = 99%

Les labels issus d’organismes privés.
Même s’ils ne répondent pas à des exigences réglementaires officielles, ils doivent néanmoins respecter des cahiers des charges stricts et la plupart sont auditées et contrôlés par des organismes de certification indépendants comme les labels officiels.
Ceux-ci restent sérieux et leur cahier des charges est parfois plus strict et plus intéressant que ceux des labels officiels. Pour faire le tri il va falloir s’intéresser aux garanties induites par leur obtention.
Niveau de confiance = 70%

Les simples mentions
Ce sont des indications présentent sur les emballages qui ne sont régies par aucune réglementation officielle et qui ont été auto-attribuées par l’entreprise en interne tel que « fabriqué en France ». Evidemment la marque a un engagement moral par rapport à ses consommateurs et il n’est pas non plus autorisé d’écrire tout et n’importe quoi sur ces emballages mais certaines mentions jouent sur les mots ou posent des conditions sin equa none en filigrane.
Une fabrication française, par exemple, ne veut pas forcement dire que l’origine des ingrédients est française. Parfois cela se rapporte uniquement au fait que le conditionnement du produit a été réalisé en France.
Niveau de confiance = 30%

Les mentions marketing
Ce sont des mentions de type « Elu produit de l’année » ou « Saveur de l’année »
Même si celles-ci sont régies par une réglementation elles ne valorisent pas du tout les engagements et les valeurs de la marque mais sont issues du vote d’un panel de consommateurs.
Niveau de confiance = 0%

2- Quelles garanties m’apporte ce label ?

En particulier pour ce qui est des labels issus d’organismes indépendants il est essentiel de s’intéresser au cahier des charges derrière le label. C’est à dire : ce que cela implique pour le produit qui présente ce logo.
Le site de l’ADEME a mis en place une base de données d’un grand nombre de labels afin de pouvoir comprendre quels sont les engagements rattachés à chacun.
http://www.mescoursespourlaplanete.com/Labels

3- Est-ce que ces garanties sont en cohérence avec mes valeurs ?

En effet avec la profusion de labels qui existent il est parfois nécessaire de faire le tri pour faire un choix. Il est alors important de se poser la question de notre échelle de valeurs personnelle. Quels sont les engagements de la part des marques qui nous semblent non négociables, essentiels, intéressants ou accessoires. Par exemple, allons nous plutôt privilégier un article faisant la promotion d’une agriculture biologique « made in France » ou un produit exotique mais issu du commerce équitable.
De plus certains labels ne sont pas intéressants pour tous les modes de consommation. Par exemple, un label « sans gluten » sur l’emballage de pain de mie et une indication intéressante pour quelqu’un d’intolérant ou d’allergique au gluten mais qui n’est pas nécessairement gage d’une plus grande qualité que le pain d’à coté qui contient lui du gluten.

Petit guide des logos de confiance

Pour les œufs

Le Label Nature et Progrès : L'alimentation est 100% bio et n'autorise aucune vitamine de synthèse. Les poules ne reçoivent aucun vaccin et leur bec n'est en aucun cas sectionné. Elles disposent chacune de 10m2 à l'extérieur, et de plus d'un 1m2 à l'intérieur.
Le Label Demeter : Les poules disposent de plus de 10m2, avec des poulaillers spacieux, des perchoirs et des parcours enherbés, de l’ombre et une protection contre les prédateurs, la pluie et le vent obligatoire. La quantité de poules par élevage est contrôlée, celles-ci ne reçoivent aucun vaccin et leur bec n'est en aucun cas sectionné.

Pour les produits de la mer

Le Label Artysanal : Ce label définit des critères environnementaux, sociaux et économiques pour la pêche artisanale au niveau international. Il permet aux consommateurs d’identifier des produits issus d’une pêche responsable, respectueuse des Hommes, de la Ressource et de l’Environnement.

Un peu moins bien, le Label MSC : Il garantit que les méthodes de pêche utilisées permettent un renouvellement des stocks marins et que les poissons qui possèdent ce label sont des poissons sauvages issus d’une pêche durable.

Le Label ASC : Il fait la promotion d’une aquaculture responsable. L’idée est d’éviter d’utiliser pour l’élevage de poissons et crustacés des produits chimiques qui seraient nocifs pour l’environnement et la santé. Il y a aussi un engagement à la protection de la faune sauvage et de la biodiversité.

En faveur du bien-être animal

Pour ce qui est des conditions d’élevage et du bien-être animal, privilégier les Label bio et en particulier ceux Nature & progrès ou Demeter.
Le Label rouge : Il apporte des garanties sur la qualité gustative de la viande et inclus souvent des restrictions concernant les pratiques d’élevage mais celles-ci varient considérablement en fonction des produits. Par exemple pour le porc, il faut que celui-ci soit accompagné de la mention « fermier en plein air » ou « fermier en liberté » pour garantir qu’il ne s’agit pas d’élevage en cage.

En faveur de l’environnement

La Certification Haute Valeur Environnementale : Elle garantit que les pratiques agricoles utilisées sur l'ensemble d'une exploitation préservent l'écosystème naturel et réduisent au minimum la pression sur l'environnement.
Privilégier les Label Bio Cohérence, Nature & Progrès ou Demeter beaucoup plus éthiques que le label AB ou Eurofeuille (qui autorise des traces d’OGM à hauteur de 0,9% et ne garantit pas une production locale).
Le Label Nature & Progrès inclut des considérations à propos du bien-être animal (taille des élevages plus petite), des saisons, des écosystèmes…
Le label Demeter inclut en plus du cahier des charges bio, des notions de biodynamisme, de fertilisation exclusivement naturelle…
Le Label Rainforest Alliance : Utilisé pour les produits provenant de l’hémisphère Sud (bananes, cacao, thé, etc.), il signifie que le produit ou l’ingrédient certifié a été produit en utilisant des méthodes qui soutiennent l’environnement notamment, ce qui concerne la protection des forêts, des sols et des cours d’eau.

En faveur des hommes

Le Label Fairtrade - Max Havelaar : Ils labellisent des produits issus du commerce équitable provenant de l’hémisphère Sud respectant les directives de Fairtrade International. Celui-ci garantit le paiement d’un salaire minimum pour les travailleurs des exploitations. Si ce label pose des exigences supérieures à la moyenne concernant les aspects sociaux, il n’est pas le meilleur gage de qualité d’un point de vue environnemental.
Biopartenaire : C’est un label international qui a l’avantage de combiner le bio au commerce équitable.

En Faveur de l’agriculture Française

Origine France Garantie (OFG) : Il est le seul qui est réalisé et certifié par un organisme indépendant et qui n’est pas auto-déclaratif comme peuvent l’être les mentions « made in France », « conçu en France », « fabriqué en France » Il a pour objectif de valoriser le savoir-faire industriel et artisanal français et atteste l’origine française d’un produit.

Pour la santé

Le Label Siga : Il s’agit d’un label qui permet d’identifier les aliments simples et non transformés et ceux ultra-transformés. Siga a mis en place un système de médailles or et argent pour récompenser les produits qui se distinguent par la qualité de leurs recettes.
Et si on veut aller encore plus loin…
Moralscore est un outil très bien conçu qui va au-delà des certifications existantes.
L’application évalue les qualités d’une marque selon dix critères :
- L’environnement
- La contribution fiscale et sociétale
- l’éthique en terme de profit et de gouvernance
- L’innovation
- La rémunération et les conditions de travail
- L’impact des technologies sur l’homme et le travail
- L’équité des relations avec ses partenaires
- Le Traitement et usage des données personnelles
- La qualité des produits
- La compétitivité du prix

Chaque critère est noté de A à E et donne, à chaque fois, l’explication de la notation relative à l’entreprise.
Le total donne une note sur 100 mais permet surtout de se rendre compte que tout n’est pas noir ou blanc. Une marque peut avoir une politique environnementale assez irréprochable mais ne pas être très avancée sur la gestion de ses données.
Le site propose également un questionnaire où il est possible d’indiquer quelles sont les valeurs qui comptent le plus pour nous et ainsi avoir des recommandations de marques personnalisées.
Article rédigé en partenariat avec Alice Polack - @lacremedeparis