Jun 9 / WATSON CUISINE

«Plus je te donne, plus il me reste» Shakespeare, Roméo et Juliette

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Enfin l’ère des foodistas est advenue ! Trop longtemps has been, me voilà dans l’époque. Nous sommes de plus en plus nombreux et nombreuses à aimer cuisiner.
Et depuis le confinement mondial dû au Covid-19, c’est l’explosion, heureuse celle-ci. Si vous acceptez de me suivre, vous jubilerez. Voir mes gourmands se resservir est ma gratification suprême. Et ce geste qu’enfant j’aimais plus que tout : découvrir la casserole pour humer le mets qui mijote ; mes convives le font et goûtent parfois à même la cocotte. Que du bonheur !

Ainsi vivent mes grandes tablées, sur le modèle de celles de mon enfance marocaine. Famille nombreuse et mère cuisinière de talent. J’ai eu envie de leur consacrer ce livre. Il y en a tellement me direz-vous. Oui, mais mon truc à moi, mon ingrédient mystère est la joie.

Je la cultive en cuisinant des heures durant, portée par un état de flux, qui me coupe de toute sensation de fatigue. Au contraire, je suis mue par une énergie et une légèreté singulière. (…) Bien plus que nourrir, cuisiner est magique pour tisser des liens, les renforcer, construire une nouvelle famille, fabriquer des souvenirs à nos petits-enfants qui les transmettront à leur tour. (…)

Manger n’importe quoi, c’est faire violence à son corps. Manger sans plaisir, écorche l’âme. Manger sans conscience, empêche la satiété, et menace la santé en provoquant l’obésité. Comment échapper à l’observation que l’on cuisine de moins en moins –malgré l’engouement actuel- que l’on ignore tout du plaisir que procurent ce geste millénaire et sa transmission; que l’on mange de plus en plus mal, et pire, de plus en plus seul, devant son ordinateur.

Mais mon optimisme me porte à observer que les jeunes générations, garçons et filles, ont une sensibilité écologique et une curiosité culinaire qui les pousse vers le bio et les fourneaux, plus que leurs ainés. Conscients que leur santé et la planète sont en danger.
A l’heure de la junk food ou l’on peut manger à toute heure, partout, sans jamais cuisiner – restaurants, livraisons ou plats préparés – donnons à cette activité un sens nouveau et archaïque à la fois : une dimension sacrée, celle de se réunir dans la joie autour d’une table pour célébrer la nourriture, la terre qui l’a produite et l’amitié. (…)
Goûter à la joie, c’est découvrir une étoile. S’élever vers plus grand que soi. Plus lumineux. Plus généreux. Plus joyeux. Plus jamais seule. ENJOY !

Par Dorothée Dewitte, fondatrice de Watson Cuisine
Extrait du livre Enjoy ! Mes recettes pour grandes tablées de Perla Servan-Schreiber