May 28 / WATSON CUISINE

La santé est, de tous les trésors, le plus précieux et le plus mal gardé

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« Faites une pause, fermez les yeux et posez-vous cette simple question : pour quelles raisons ai-je envie d’être en bonne santé ?
La réponse demande réflexion et ouvre bien des tiroirs : ai-je envie d’être en bonne santé parce que j’ai horreur des médicaments et des hôpitaux ? Parce que j’ai beaucoup de choses à faire et de gens à voir dans les prochains jours ? Parce qu’il faut que je reste en forme pour travailler ? Parce que je veux pouvoir me regarder avec fierté dans un miroir ? Puis viennent d’autres questions : que fais-je quotidiennement pour préserver cette santé ? Est-ce que je ne me laisse pas aller à des repas trop chargés, au grignotage, à l’alcool ? Est-ce que je marche suffisamment ? Est-ce que je fais du sport ? Avouons-le, ces interrogations arrivent souvent trop tard. Nous attendons que la douleur se déclare chez nous ou chez un proche pour nous inquiéter.
Comment l’expliquer ? D’une part, penser à sa bonne santé revient à évoquer la maladie, le revers de la médaille. Or personne n’aime s’imaginer souffrant et alité. D’autre part, notre système de santé nous incite à penser que nous pouvons aller voir un médecin dès que nous sommes malades et que celui-ci nous remettra sur pied…Jusqu’à la prochaine fois. Ces deux attitudes sont les fruits d’une culture occidentale.

Dans la plupart des domaines, on nous inculque que seul le progrès technique peut apporter les solutions à nos maux et à nos besoins. On ne peut que reconnaître les extraordinaires avancées qui ont mis fin aux grandes épidémies, permis de trouver des remèdes à bien des maladies et largement contribué à reculer les âges de la mortalité.
Dans la Chine ancienne par exemple, le médecin se faisait payer toute l’année par son patient, sauf le jour où il devait intervenir. « Soigner la maladie quand elle est là, c’est comme vouloir creuser un puit quand on a soif » dit un proverbe chinois.

Aujourd’hui, la naturopathie et de nombreuses autres formes de médecine douce, nous enseignent à prendre des habitudes d’hygiène de vie, à casser le lien qui unit mauvais comportements alimentaires, sédentarité et stress, et à renoncer aux chaines de l’addiction. Nous savons que ces trois domaines sont intimement liés. Fréquemment, quand je cherche à pallier le stress, la tension et les émotions négatives, je vais spontanément remplir mon assiette et mon estomac. Je mange alors comme si je prenais un médicament à effet rapide pour soigner les crises d’un mal latent.
Pourtant je sais que ce réconfort est une illusion.

Manger trop, trop vite et trop mal ne guérit rien. Au contraire, je m’alourdis et je me fatigue. Je perds le goût de l’effort physique et j’aggrave l’épuisement de mes ressources nerveuses, hormonales et métaboliques. Le stress revient alors comme un boomerang. C’est un cercle vicieux. Alors, j’encourage chacun à adapter un cercle vertueux à son rythme, à ses contraintes et à son environnement pour en faire un mode de vie. Mais je sais aussi qu’il est très difficile de changer ses habitudes du jour au lendemain. Ce changement ne peut être stimulé que par un seul mot d’ordre : l’envie. L’envie est ici le contraire de la contrainte et du devoir.

Remplacer le « il faut » par un « j’ai envie », c’est déjà commencer à construire un écosystème de pensées et d’actions qui se nourriront les unes les autres. »

Par Dorothée Dewitte, fondatrice de Watson Cuisine
Extrait du livre Et si je mettais mes intestins au repos ? de Thomas Uhl


*Titre de l'article, citation de Joseph Sanial Dubay,
Pensées sur l’homme, le monde et les mœurs, 1813.